Chut! Écoutez… |
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Opinion |
Écrit par Pierre Lauzon |
Vendredi, 05 Février 2010 |
Certes, un jeudi soir, c’est plus difficile de faire sortir les gens après une bonne journée de travail. C’est ce qui explique peut-être pourquoi la salle était à peine à moitié remplie. J’espère que ce n’est pas parce que la jeunesse est moins intéressante. Ce serait une grave erreur. Le programme, entre autres, que nous remettent chaque fois les Diffusions Amal’Gamme, nous invite à éteindre nos cellulaires ou autres appareils sonores pour ne pas déranger les artistes et pour nous concentrer sur les œuvres qu’ils ou elles ont choisi de nous présenter. Cela va de soi, il va sans dire. Faudrait-il que l’invitation soit aussi poussée que de demander aux gens de se taire pendant les prestations des artistes? Ce qui est bon pour le cellulaire devrait l’être tout autant pour le mâche-patates!!! Il y a des gens qui sont incapables de comprendre cela, qui se pensent dans leur salon et qui se permettent des commentaires à haute voix. Le public ne paie jamais pour entendre l’auditoire. Car, faut-il, le préciser, la salle de l’église de Saint-François-Xavier est une salle de spectacle. Ce n’est pas un club. En ce jeudi soir de février, certains et certaines l’avaient oublié. Est-ce dû au type musical? Est-ce parce que ce n’étaient que des artistes émergents? Tout autant que ceux établis, ils et elles ont droit à tout notre respect.
N’eut été de quelques placoteux, dont un couple de supposés musiciens qui semblaient en avoir fumé du bon, qui se sont installés sur la première rangée, qui sont sortis presque aussi vite qu’ils sont entrés en retard, lesquels ont perturbé mon audition de Sonia Johnson, cela aurait été des plus agréables. Plus elle avançait dans sa prestation de 45 minutes, plus on la sentait à l’aise tant dans ses présentations que dans ses chansons. C’était un beau buffet musical dont quelques pique-assiettes sont venus gâter la sauce. Retenez ce nom : Sonia Johnson. Vous en entendrez sûrement parler à nouveau, surtout si l’univers jazz vous intéresse tout particulièrement. En deuxième partie, trois jeunes québécois qui n’ont rien de cubains dans leurs gênes, si ce n’est musicaux, le trio No son cubanos, nous ont tous et toutes ravis par leur jeunesse, leur fraîcheur et l’humour particulier du percussionniste du groupe. Nicolas Jarret est non seulement un excellent batteur, mais il possède un sens de l’humour des plus charmants. Issu de l’option musique du cégep Lionel-Groulx en batterie jazz-pop, ce jeune a sûrement un très brillant avenir devant lui. Il sait manier la baguette encore plus que l’humour. C’est tout dire. Vous le verrez sûrement de plus en plus à la télévision ou dans une salle de spectacles. Il est un passionné des percussions. Il a un grand plaisir à en jouer. Ça se voit. Ça s’entend. Il sait nous communiquer sa joie de vivre.
Enfin, Daniel Moranville, issu lui aussi du cégep Lionel-Groulx, mais après ses deux partenaires, apporte une touche discrète et pertinente avec sa contrebasse. Même s’il est un très jeune diplômé en basse électrique, il s’impose déjà tant par sa participation à plusieurs groupes ou avec des artistes que par sa composition de musiques originales pour diverses publicités à la télé. Ces musiciens de l’ombre que sont souvent les contrebassistes sont toujours le petit plus qui permettent de donner le goût particulier et apprécié d’un groupe comme les No son cubanos. Daniel sait tirer son épingle du jeu dans ce trio. Le trio No son cubanos a un répertoire très large. Évidemment, ils interprètent avec brio des chansons traditionnelles cubaines et nous donnent le goût de nous retrouver sur les plages de cette île des Antilles pour en profiter davantage. De plus, ils excellent tout autant dans des adaptations de musiques classiques ou modernes. Le soleil et la fraîcheur étaient au rendez-vous à Prévost. La jeunesse a de quoi à nous dire, entre autres, musicalement. Qu’est-ce qu’on attend pour les écouter avec respect? Pierre Lauzon |