La Sablière Bouchard de Val-David

Envoyer Imprimer
Une décision très attendue
En conférence de presse, Monsieur le maire Pierre Lapointe a confirmé la décision de son Conseil de ne pas entreprendre de procédures en justice pour tenter d'obtenir la fermeture de la Sablière Bouchard.

 

A la lumière de l'avis juridique de Mes Michel Yergeau et Mathieu Quenneville, la décision a été prise en tenant compte des trois critères suivants : les chances de gagner, les délais et le coût total d'une telle poursuite.

 

Les chances de gagner

Un éventuel recours en justice pour faire fermer la Sablière Bouchard de Val-David passe par la contestation des droits acquis d’exploitation.

 

L’étude récente du dossier révèle en effet que la question des droits acquis n’a jamais été débattue au fond, ni tranchée au mérite par une cour de justice.  Ainsi, Paul Bouchard n’a jamais démontré l’existence de droits acquis et c’est à tort que certains ont pu prétendre que les différents jugements rendus au fil des ans étaient déclaratoires de droits acquis.

 

Par ailleurs, aucun document ne démontre que Val-David ait contesté ces droits.  Cette reconnaissance de droits acquis apparaît en toutes lettres au préambule de la transaction signée entre les parties en 2003.  En droit, une transaction a entre les parties l’autorité de la chose jugée.  Cette transaction de 2003 (protocole d’entente) pourrait avoir un impact déterminant sur le sort de la cause.  De plus, l’exploitation commerciale dure depuis maintenant si longtemps sans que personne n’ait remis en question le droit même de Paul Bouchard d’exploiter une sablière-gravière, alors que les tribunaux ont eu à se pencher sur ce dossier à de nombreuses reprises.

 

Dans ces circonstances, la Cour serait sûrement extrêmement réticente à intervenir.

 

Les délais et les coûts

Il serait étonnant que le jugement soit rendu avant 30 mois puisque la preuve administrée devant la Cour prendrait jusqu’à 20 jours en raison de la complexité de la question et des nombreux témoins qui devraient être entendus.  Ce qui mène au début de 2011.  Même s’il est impossible de chiffrer les coûts pour en arriver à la fin de cette première étape, la somme plausible de 500 000 $ a été avancée.

 

Advenant une décision en faveur de la Municipalité, ce jugement serait très certainement porté en appel par la partie adverse, ce qui suppose un délai supplémentaire de 2 ou 3 ans et une autre dépense d’au moins 100 000 $.

 

En résumé, un recours en justice pour faire fermer la sablière Bouchard pourrait s’étendre jusqu’en 2013-2014 et coûter minimalement un demi-million.

 

Le protocole d’entente signé en 2003 entre la Municipalité et la Sablière Bouchard fixe la fin des activités à 2015.  De plus, selon les estimations faites par la firme d’arpenteurs-géomètres Barry, Régimbald, Lessard de Saint-Sauveur, quant à la quantité restante de matériel à extraire, les chances sont que les activités pourraient très bien se terminer quelques années plus tôt.

 

Le Conseil municipal en vient donc à la conclusion qu’il est déraisonnable d’engager des frais importants dans une cause à l’issue très incertaine et dont les délais ne permettent pas d’espérer une conclusion plus rapide que celle déjà prévue au protocole d’entente.

 

Le Conseil municipal a cependant pris des mesures exceptionnelles pour faire valoir ses règlements et met toutes ses énergies à faire respecter intégralement les conditions du protocole d’entente de 2003 et d’appliquer les sanctions prévues