
Un gouvernement déresponsabilisé
La Caisse de Dépôt a publié des résultats désastreux venant d’une décision du gouvernement libéral permettant à ses dirigeants de prendre des risques démesurés. Il faut se rappeler que l’actuelle ministre des finances, alors qu’elle était dans l’opposition avait réclamé une commission publique suite à une perte de 30 millions de dollars de la Caisse de Dépôt. Maintenant que nous avons des pertes de près de 40 milliards, elle se doit d’être cohérente et réclamer une commission publique d’enquête afin d’éclaircir cette perte historique qui ébranle les colonnes de la supposée bonne gouvernance des libéraux.
Évidemment, M. Charest ne veut pas politiser le débat. Pourquoi irait-il se mettre la corde autour du cou en responsabilisant son gouvernement. C’est comme pour les finances publiques, le gouvernement a clamé qu’il ne pouvait prévoir un déficit en novembre. Pour eux, la raison est toute simple : janvier a été désastreux. Ce gouvernement ne peut assumer ses responsabilités en rejetant constamment la faute sur autrui.
Face aux objectifs non atteints, le nouveau mot d’ordre du gouvernement Charest est de ne plus fixer d’objectif. Pour les attentes dans les urgences, pour la lutte au décrochage scolaire, les libéraux ne pourront plus échouer puisqu’il n’y aura plus d’objectif.
Un gouvernement attentiste
Le gouvernement libéral est en attente pendant l’économie mondiale est en crise. Il n’y aura pas de mesures concrètes avant le dépôt du budget prévu pour la fin mars, car M. Charest veut voir l’état des finances avant d’agir. Pourtant, lors du déclenchement des élections, il y avait urgence puisque M. Charest voulait une seule paire de mains sur le volant afin d’agir devant la conjecture économique mondiale préoccupante.
On n’a qu’à se rappeler de ce slogan : « L’économie d’abord ». On y allait de déclaration que tout allait bien, il n’y aurait pas de déficit, il n’y avait pas de crise à la Caisse de Dépôt. Mme Forget a même effectué un énoncé économique basé sur de faux investissements. Elle déclarait à qui voulait bien l’entendre qu’elle avait des réserves cachées dans sa sacoche.
Un gouvernement usurpateur
Tout indique que Jean Charest a mal préparé le Québec à faire face à cette crise. Pendant que plusieurs pays lançaient des plans de relance, les libéraux déclenchaient des élections. M. Charest n’a pas préparé de marge de manœuvre, il a minimisé et même nié la crise, ce qui fait qu’il a refusé d’agir.
Le gouvernement Charest fait face à un déficit de crédibilité. Ou bien le gouvernement Charest savait que les finances publiques s’en allaient vers un important déficit, ou bien le gouvernement l’ignorait vraiment. Donc soit qu’on est en présence d’un opportunisme politique frôlant le cynisme, soit qu’on est en présence d’un manque de compétence d’un gouvernement incapable de voir venir les problèmes.
La seule raison expliquant le déclenchement des élections à l’automne est que M. Charest savait que les mauvaises nouvelles économiques à venir feraient défaire son gouvernement. Le gouvernement s’est fait élire en cachant la vérité aux électeurs québécois. Tout indique que le PLQ a usurpé le pouvoir en invoquant de fausses raisons pour déclencher des élections et en prétendant avoir un plein contrôle sur l’économie. En démocratie, les électeurs devraient avoir la possibilité de défaire un gouvernement usurpateur.
Martin Aumais
Membre de l'exécutif du Parti québécois dans Prévost