Bilan du DPJ Laurentides

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Bilan des directeurs de la protection de la jeunesse / directeurs provinciaux 2009
Trente ans de connaissances et de compétences au service des enfants


Pour une sixième année consécutive, les DPJ/DP du Québec vous livrent le portrait de la détresse des enfants, des jeunes et des familles en difficulté à qui ils viennent en aide. Cette année marque le trentième anniversaire de la Loi sur la protection de la jeunesse au Québec. Les DPJ profitent de cette occasion pour porter un regard sur l’évolution des connaissances, des pratiques et du contexte social qui ont transformé les façons de faire.

En 1979, année internationale de l’enfant, le Québec faisait preuve d’audace en se dotant d’une loi, la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ), visant à protéger tous les enfants des abus dont ils étaient victimes. Le Québec devenait ainsi précurseur, car aucune autre loi à travers le monde n’avait été aussi loin dans la protection de l’enfance et des droits des enfants. Un courant nouveau animait le Québec : l’enfant devenait sujet de droit. Rappelons-nous, ce n’est que dix ans plus tard, en 1989, que les Nations Unies adoptaient la Convention relative aux droits de l’enfant.

Dès la première année de son existence, 30 000 situations d’enfants ont été signalées aux directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ). Beaucoup de ces situations n’avaient pas été prévues par le législateur et faute de savoir où s’adresser pour recevoir de l’aide, les gens se tournaient vers la protection de la jeunesse. Le DPJ devint alors la porte d’entrée des demandes de services pour tous les types de besoins.

Trente ans plus tard, alors que le nombre d’enfants âgés entre 0 et 17 ans a diminué, 69 705 situations d’enfants sont signalées aux DPJ. Les deux tiers des signalements concernent des motifs de négligence. Cette situation n’est pas unique au Québec. On observe cette tendance un peu partout dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ayant une loi similaire à la nôtre. Moins visibles qu’un abus, les effets de la négligence étaient peu documentés. Les connaissances d’aujourd’hui permettent aux intervenants sociaux d'identifier chez un enfant les conséquences cognitives, physiques, comportementales et émotionnelles de la négligence.

Une autre connaissance a révolutionné l’intervention sociale : l’importance du développement de l’identité et des liens d’attachement de l’enfant avec une figure parentale stable. La notion de temps prend maintenant toute son importance chez l’enfant. Six mois dans la vie d’un enfant de trois ans représentent une éternité.

Les études ont également établi que dans un contexte de violence familiale l’enfant vit une insécurité qui peut entraîner de lourds retards sur sa croissance, le développement du langage, sans oublier son lien de confiance et son estime de soi.

Toutes ces nouvelles connaissances ont été au coeur des modifications de la LPJ votée en 2006 et entrée en vigueur en 2007, afin d’assurer la stabilité des enfants. Aujourd’hui, les DPJ ont développé de nouveaux programmes et utilisent de nouveaux outils cliniques pour venir en aide aux enfants et aux familles.

Tout comme pour la médecine, lorsqu’on compare les façons de faire en trois décennies, nous constatons l’évolution rapide des pratiques. Il en va de même pour la protection de l'enfance. En 1979, 30 000 enfants étaient placés dans un milieu substitut.

On avait alors davantage recours au placement des enfants. Aujourd’hui, malgré l’augmentation de signalements, moins de 12 000 enfants sont placés. Plus d’un enfant sur deux pris en charge par le DPJ demeure dans son milieu familial. Les nouvelles pratiques favorisent une intervention auprès de la famille en maintenant l'enfant dans son milieu.

La société a évolué et les valeurs familiales sont différentes aujourd’hui qu’il y a trente ans. En 1979, la majorité des signalements provenaient de professionnels travaillant auprès des enfants alors que les proches de ces derniers hésitaient à signaler des abus dans leur famille. Aujourd’hui, un signalement sur cinq provient d’un membre de la famille. Ce qui porte à croire que l’intolérance concernant la maltraitance des enfants fait désormais partie des valeurs de la société québécoise et qu’un rapport de confiance s’est établi envers le réseau de la protection de la jeunesse.

Au Québec, les politiques familiales ont pris une place importante et les services offerts n’ont jamais été aussi nombreux qu’aujourd’hui. Ce qui reflète un véritable progrès pour notre société. Il n’en demeure pas moins qu’en 2009 un nombre croissant de familles sont isolées et demeurent vulnérables, particulièrement dans un contexte économique précaire.

Bien que la loi et la reconnaissance des droits des enfants aient grandement évolué depuis 30 ans, il faut se rappeler que la pauvreté, les problèmes de santé mentale et de toxicomanie, le décrochage scolaire, le suicide, les drames familiaux, l’exploitation des enfants à des fins sexuelles et la situation d’enfants et de familles en difficulté en milieu autochtone sont autant de problématiques actuelles largement préoccupantes.

Dans la région des Laurentides
Au Centre jeunesse des Laurentides, ce sont 6 487 signalements qui ont été reçus cette année, dont 44 % ont été retenus pour évaluation par le DPJ. Ce nombre est quelque peu en baisse par rapport à l’année précédente alors que nous avions reçu 6 509 signalements. Toutefois, la région des Laurentides demeure une des régions du Québec avec le plus haut taux de signalement et c’est la négligence qui est la principale problématique. En effet, près de 48 % des signalements traités concernent la négligence des enfants.

Le bilan des DPJ/DP 2009 est disponible sur le site web de l’Association des centres jeunesse du Québec : www.acjq.qc.ca. Pour obtenir des statistiques régionales, vous êtes invités à communiquer avec la responsable des communications du Centre jeunesse des Laurentides, Karine Côté.