C’est par un feu d’artifice musical que les Diffusions Amal’Gamme ont clôturé la première partie de leur programmation musicale 2009-2010. Avant de se produire à l’illustre salle du Carnegie Hall de New York en ce lundi, 30 novembre, Matt Herskowitz est venu rencontrer le public de la salle de l’Église Saint-François-Xavier de Prévost en ce dernier samedi de novembre. Qui pourra croire encore que ce ne doit être que des artistes de salon qui sont les invités des Diffusions Amal’Gamme? Toute la programmation automnale en a fait largement la démonstration contraire. C’est sans doute notre vieux fond québécois qui croit que les grands talents de la planète artistique ne peuvent venir jouer dans de petites salles et ne sont dignes que des grandes villes. Si vous êtes de ce groupe, vous passez régulièrement à côté de grands moments artistiques et musicaux. Car c’est véritablement ce qui s’est passé à Prévost devant une salle remplie, grâce à la collaboration du député de Prévost, Gilles Robert. Mais qui est ce Matt Herskowitz? Au premier abord, la seule évocation de son nom de famille nous porte à croire qu’il doit s’agir d’un quelconque artiste européen. Ses origines le sont sûrement. Toutefois, ce pianiste est né aux États-Unis et vit à Montréal depuis déjà plusieurs années. Nous avons même appris que sa copine vit ou a vécu ici même, à Prévost. Comme le monde est petit, finalement!
Ce jeune pianiste dans la trentaine est amateur de jazz, de musique classique, mais il est surtout reconnu comme un très grand interprète de George Gershwin, dont l’illustre « Rhapsody in Blue ». Il a joué cette œuvre musicale pour la première fois à l’âge de treize ans. C’est donc depuis vingt-cinq ans qu’il rejoue sans cesse ce classique de notre musique contemporaine sans se lasser. Et c’est ce dont nous avons eu droit samedi dernier dans sa version originale pour piano. Deux autres pièces de Gershwin étaient également au programme, soit le « Cuban ouverture » et le « Concerto en fa », tous les deux le fruit de ses propres arrangements.
C’est avec beaucoup de fougue, d’énergie qu’il nous a livré ces œuvres musicales. Ses interprétations tiennent souvent de la performance athlétique, tellement ses deux mains virevoltent allègrement sur les touches du piano. Elles vont et viennent rapidement, se superposent avec vivacité et réussissent même à jouer deux harmonies différentes avec une telle facilité à nos yeux que nous ne pouvons qu’être éblouis par une telle performance. Quand un artiste réussit à nous émerveiller et à nous faire croire que tout cela semble si facile, alors que c’est tout à fait le contraire, c’est que nous sommes en présence d’un grand artiste.
Le public présent à Prévost l’a reconnu d’emblée. Il est très rare qu’un artiste ait une ovation debout en cours de spectacle. Habituellement, si le public est satisfait, il se lèvera pour applaudir plus ou moins poliment l’artiste qui vient de livrer son spectacle. Ce ne fut pas le cas pour Matt Herskowitz dans les Laurentides. À plusieurs reprises durant l’heure et demi de ce cadeau musical, le public s’est levé pour saluer la performance que ce très grand pianiste venait de lui livrer avec tant de vivacité, mais aussi avec beaucoup d’expression.
Matt Herskowitz adore jouer, performer. Ce n’est pas parce qu’il n’est pas dans la salle du Carnegie Hall qu’il se contentera d’une performance mineure. À Prévost ou à New York, il fait corps avec son piano, s’y amuse follement et sait nous transmettre sa passion. Le public de Prévost était au même diapason que de très grands critiques musicaux et d’illustres artistes. Quand le très célèbre Dave Brubeck a écrit de lui que son interprétation de son œuvre « L’ange Gabriel », dont il nous a livré quelques extraits samedi soir et qu’il interprètera dans la prestigieuse salle de New York, « est techniquement impeccable, …à des années-lumière et en avance harmoniquement, …qu’il est un géant », quoi rajouter de plus?
Que ce soit pour ses œuvres, ses propres arrangements d’œuvres d’autres grands compositeurs ou pour Gershwin, Matt Herkowitz met toujours la barre très haute dans la recherche de l’excellence. En plus de ses très nombreuses prestations un peu partout à travers le monde, dont Prévost, il a composé pour Lara Fabian, a participé à la musique du célèbre film d’animation « Les Triplettes de Belleville » et a même enregistré une improvisation solo pour le film « La face cachée de la Lune » du grand Robert Lepage.
Si vous n’avez pu être présent pour cette prestation dans la salle de l’Église Saint-François-Xavier de Prévost ou si vous doutiez du très grand talent en visite chez nous, en terre laurentienne, vous pouvez le voir et l’entendre sur son site internet au http://www.mattherskowitz.com ou au http://www.myspace.com/mattherskowitz . Si, après tout cela, vous désirez vous offrir un très beau cadeau de Noël, sachez qu’il sera à la salle Desjardins du Centre d’art La petite église, à Saint-Eustache, le vendredi, 11 décembre, à vingt heures. Informez-vous très rapidement avant qu’il ne reste plus de billets!
Avant de nous revenir le 16 janvier prochain avec le quatuor Aveladeen, les Diffusions Amal’Gamme nous invitent à la quatorzième édition de l’exposition des artistes et artisans les samedi, 5 et dimanche, 6 décembre prochain, de dix heures à dix-sept heures, à l’école Val-des-Monts, à Prévost. J’y serai personnellement présent tout au cours de l’exposition au kiosque des Éditions Pommamour. Au plaisir de vous y rencontrer!
Pierre Lauzon
Les éditions Pommamour