La Chambre de St-Jérôme prend position

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Stationnement au centre-ville : un dossier complexe sans solution simple

La Chambre de commerce et d’industrie de St-Jérôme (CCISJ) constate l’inquiétude de la communauté d’affaires quant à l’impact de cette hausse sur l’achalandage au centre-ville. De plus, la récente hausse de tarifs dépasse largement l’augmentation du coût de la vie et la hausse des salaires des dernières années. Enfin, la CCISJ s’étonne que la ville n’ait pas informé les usagers de l’augmentation des tarifs avant son entrée en vigueur. « Nous avons reçu plusieurs commentaires et plaintes négatives des commerçants, qui sont en droit de s’interroger sur la vision du développement économique dont découle cette nouvelle hausse de tarifs. Nous sommes prêts à travailler avec la ville et les partenaires concernés à la recherche de solutions durables, permettant la conciliation des usages des places de stationnement au centre-ville, le développement économique du centre-ville, l’atteinte/maintien de l’équilibre budgétaire pour la municipalité, l’atteinte des objectifs des entreprises du centre-ville et l’adoption de pratiques de transport plus écologiques », soutient Gilbert G. Landry, président de la CCISJ.

Voici quelques pistes de réflexion et de solution dans ce dossier complexe :

Concernant les tarifs
La CCISJ dénonce l’augmentation de 100% des tarifs de stationnement au centre-ville, qui ne peuvent qu’avoir un effet négatif sur l’achalandage et ainsi l’avenir de certains commerces. La CCISJ propose que les augmentations de tarifs de stationnement n’excèdent pas l’indice des prix à la consommation.

Concernant la durée des espaces de stationnement
Au-delà des coûts, les clients et employés déplorent le manque de commodité du fait de devoir retourner à leur voiture tous les 60 ou 120 minutes dès que les emplacements réservés aux vignettes sont tous utilisés. Les stationnements sont destinés à deux usages au centre-ville : des places longue durée pour les employés des commerces et institutions du centre-ville et des places de courte durée destinées aux clients des commerces et entreprises ayant pignon sur rue au centre-ville.

Pour cet aspect, la CCISJ suggère :

  • Que les utilisateurs devraient pouvoir acquitter leur droit de stationnement pour une période d’au moins deux pour tous les parcomètres présents au centre-ville ;
  • Que certains parcomètres puissent accepter un paiement pour une durée de quatre heures, le tout en fonction du type de commerces se trouvant à proximité ;
  • Que de nouveaux espaces de stationnement soient aménagés pour accepter les vignettes.

Concernant le manque d’espaces de stationnement
La communauté d’affaires comprend mal la vision de St-Jérôme en matière de services de stationnement au centre-ville. De plus, la communauté d’affaires se questionne sur l’arrimage entre le plan de développement du transport et le plan de développement économique du centre-ville.

La CCISJ propose ainsi de :

  • Créer des stationnements incitatifs en périphérie de la ville avec un service de navette gratuite vers le centre-ville, pour les détenteurs de vignettes ;
  • Améliorer les passages piétonniers et l’aménagement des espaces de stationnement longue durée dans le but d’augmenter la sécurité et ainsi encourager les usagers à les utiliser.

Concernant le développement du centre-ville
Les entreprises présentes au centre-ville n’ont pas que des clients, elles ont également des employés. L’augmentation des coûts de stationnement apporte une pression financière supplémentaire tant pour les employés que les employeurs. La CCISJ déplore aussi le fait que clients et employés doivent fréquemment interrompre leur travail ou leur rendez-vous afin de régler les désagréments reliés au stationnement.

Au-delà des coûts, le dossier du stationnement a des conséquences négatives sur la l’efficacité et la productivité des entreprises.

La CCISJ suggère de :

  • Mettre en place un système de vignettes pour les entreprises membres de la CCISJ. Les dites vignettes seraient à l’usage des employés mais gérées par les employeurs, qui bénéficieraient d’un rabais significatif à titre de membres de la CCISJ ;
  • Mettre en place une campagne de sensibilisation sur la vision de développement du centre-ville et/ou sur les bienfaits/intérêts des employés et étudiants du centre-ville à utiliser des stationnements longue durée;
  • Encourager le covoiturage, par exemple par l’instauration d’une vignette moins dispendieuse pour des espaces réservés aux covoitureurs ;
  • Examiner des scénarios d’amélioration de transport en commun : pourquoi faire un trajet en transport en commun en 45 minutes lorsque le même trajet en prend 15 en voiture ?;
  • Créer un fond spécial, afin que les sommes perçues par la politique de stationnement soient réinvesties au centre- ville et dans le transport en commun;
  • Mettre en place un comité de travail composé de gens d'affaires et d'élus dont le mandat sera de développer et appliquer des solutions réalistes et concrètes en matière de stationnement répondant aux besoins entreprises se trouvant au centre-ville.

« Nous souhaitons que l’administration municipale reconnaisse la problématique du stationnement au centreville et qu’elle exprime clairement sa vision et son plan de développement pour le centre-ville. En donnant toute les informations pertinentes et en impliquant les gens d’affaires dans ce dossier, elle permettra alors aux commerçants de se positionner sur leur intention de garder ou non leurs entreprises au centre-ville dans les prochaines années » conclue le président de la CCISJ.