« Il faut retirer ce projet de loi qui rend possible l’achat d’un droit à l’école anglaise. »
Dans le contexte du dépôt du projet de loi 103 présenté par le gouvernement libéral de Jean Charest et qui rend possible l’achat d’un droit à l’école anglaise, la députée de la circonscription de Mirabel, Me Denise Beaudoin, se joint à son collègue Pierre Curzi, député de Borduas et porte-parole de l’opposition officielle en matière de langue, pour réclamer de la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, « qu’elle recule et retire immédiatement ce projet de loi qui accorde à quiconque la possibilité de s’acheter un droit. »
Dans quelle société le gouvernement libéral veut-il entraîner les Québécois en ouvrant la porte à la possibilité de se monnayer un droit en matière de langue : « ce faisant, le gouvernement libéral veut créer deux classes de citoyens, ceux qui ont de l’argent et ceux qui n’en ont pas : pas question! » clame Me Beaudoin. Il faut se demander si la ministre St-Pierre n’a pas présenté un tel projet de loi afin de satisfaire la base électorale acquise au Parti libéral du Québec. « Dès lors, s’inquiète la députée de Mirabel, ce n’est pas l’intérêt premier du Québec que la ministre St-Pierre et le gouvernement libéral cherchent à défendre et à protéger, mais plutôt les intérêts partisans du Parti libéral du Québec, et la manœuvre est carrément inacceptable! » s’élève Me Beaudoin.
Du même souffle, elle appréhende la portée du projet de règlement qui compléterait la loi, si le projet de loi était adopté : très complexe, il ouvrirait grande la porte à l’arbitraire et à la subjectivité, avec, pour conséquence directe, des contestations judiciaires à n'en plus finir », a ajouté la députée de Mirabel.
Le retrait pur et simple du projet de loi 103
« Ce n’est pas à un diktat fédéral, mais bien à la nation québécoise que revient le droit de défendre sa langue et de prendre toutes les mesures adéquates. En ce sens, nous enjoignons la ministre St-Pierre de retirer le projet de loi 103 et de simplement appliquer la loi 101 aux écoles privées non subventionnées en modifiant l’article 73 de la Charte de la langue française. C’est le seul geste à poser dans les circonstances », a conclu la députée de la circonscription de Mirabel, Me Denise Beaudoin.