André Cantin météorologue d'Environnement Canada nous informe de ce qui suit:
Alors que la saison hivernale débute à peine, le Québec a déjà enregistré plusieurs anomalies météorologiques pour la période automnale du 1er au 19 décembre. La plupart des régions ont en effet connu des températures et des précipitations, en pluie ou en neige, plus élevées que la normale. Les précipitations totales ont été supérieures dans la majeure partie de la province, mais de trois à cinq fois la normale dans l’Est.
Dans le Sud-Ouest : précipitations abondantes
Le sud-ouest du Québec a reçu jusqu’à deux fois plus de neige et de pluie que la normale. Dans la région de Montréal, on a enregistré 59 cm de neige et 49,6 mm de pluie, pour des précipitations totales de 109,8 mm, alors que les normales sont respectivement de 30 cm et de 23,6 mm durant la même période. La température y a été cependant un peu plus fraîche que la normale contrairement à l’est et au nord de la province.
Dans l’Est : pluies historiques
Certaines régions de l’est n’ont reçu que 20 % de la normale de neige alors que d’autres ont reçu 10 fois plus de pluie. À Gaspé, on a enregistré 351,3 mm de pluie, un record de tous les temps pour cette région qui reçoit normalement deux fois plus de neige que de pluie et des précipitations totales de 80 mm.
Dans le Nord : records de température
Le temps exceptionnellement chaud et pluvieux a affecté non seulement la Gaspésie et la Côte-Nord, mais aussi l’extrême-nord et le nord-est du Québec. En effet, à Kuujjuaq, Schefferville et Wabush (Labrador), les températures diurnes ont dépassé zéro pendant plus d’une semaine, alors que la normale est en-dessous de -10C. Ainsi, la précipitation est tombée en pluie plutôt qu’en neige; il y a eu près de 8 jours de pluie, alors que la normale est de moins d’un jour, et un record de 9,6 mm à Kuujjuaq le 1er décembre (l’ancien record était de 7 mm pour un jour de décembre). De plus, des records de températures ont été battus durant 6 jours.
Des blocages atmosphériques
Les pluies historiques dans l’Est et les températures élevées dans le Nord sont reliées à une situation atmosphérique inhabituelle qui empêche la libre circulation des systèmes météorologiques d’ouest en est. Ainsi, tout comme à l’hiver 2009-2010, l’immobilisation ou le « blocage » des systèmes a permis à l’air chaud du sud de monter vers l’est, jusque dans le Grand-Nord, et à l’air froid du nord de descendre vers le sud et l’ouest du Québec, l’est de l’Ontario et le sud des États-Unis où des records de froid ont été battus.