Cordâme... Un pur enchantement !

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En cette soirée du 19 mars, il n’y avait pas que la lune qui était splendide dans les Laurentides. L’ensemble Cordâme avait donné rendez-vous à un public pour un voyage musical exceptionnel. C’était à Prévost, dans le cadre de la programmation des Diffusions Amal’Gamme. Ceux et celles qui ont répondu à l’invitation n’ont été nullement déçus. Au contraire.

Cordâme est en fait un trio où les instruments à cordes en sont l’âme, mais qui peut être un quatuor ou un quintette selon les rendez-vous de Jean Félix Mailloux, l’âme première de cet ensemble musical particulier. À Prévost, dans la salle de l’église Saint-François-Xavier, ils étaient quatre, quatre musiciens de très grand talent. En fait, tout tourne, dans Cordâme, autour de Jean Félix Mailloux. Il est non seulement le leader du groupe, mais si Cordâme existe, c’est pour mettre en valeur les compositions de ce musicien qui s’inspire de multiples univers (classique, musique du monde, jazz, folklore d’ici et d’ailleurs) pour créer des univers on ne peut plus particulier, mais ô combien accessible et envoûtant pour monsieur et madame Toutlemonde. Il y a de ces soirées où on entre dans une salle de spectacle et même si les artistes ne sont pas encore sur la scène et que les instruments se reposent en attendant de faire corps avec leur interprète, on sent qu’il va sûrement se passer quelque chose de particulier. Évidemment, c’est un couteau à deux tranchants. Avec cette atmosphère qui habite l’endroit, on peut être aussi bien très déçu dès les premières notes si les artistes ne sont pas à la hauteur des attentes que le climat a créées. À Prévost, en ce superbe samedi de mars, ce ne fut nullement le cas.

D’entrée de jeu, c’est la pièce Migration (écoutezJean-Félix Mailloux qui donna le ton enchanteur de la soirée. À la fin de cette première audition, tout le monde présent ne pouvait que se dire « Wow! ». Cordâme venait de mettre la barre très haute. Ce qui pour d’autres aurait pu être leur dessert, pour notre quatuor musical, il nous l’offrait en entrée et nous donnait ainsi le ton pour le restant de la soirée. Un pur délice!

Chacune des autres pièces au programme fut une suite enchantée pour le plus grand bonheur de tous les gens présents. Pour insuffler cette âme, il y avait naturellement Jean Félix Mailloux, le contrebassiste et compositeur. Lui et ses comparses, il était évident qu’ils avaient beaucoup de plaisir d’être avec nous et il s nous le communiquait chaleureusement. Le public ne s’attend jamais à moins que cela. Il fallait voir monsieur Mailloux faire littéralement corps avec son instrument et carrément danser avec elle à plusieurs reprises.

Marie Neige Lavigne, au violon, est un des piliers de Cordâme. Elle aussi, c’était un pur ravissement de la voir faire corps avec son instrument et en faire ressortir de si belles sonorités. Interprète de très grand talent, elle est très polyvalente dans ses musicalités. Elle vibre à la musique et nous fait vibrer à notre tour. Rémi Giguère, aux guitares, s’est joint récemment à Cordâme et vient y ajouter sa touche personnelle, issue de son grand éventail d’expériences musicales. Lui aussi a su tirer de ses guitares des notes qui sonnaient si bien à nos oreilles pour notre plus grand bonheur musical.

Si ces trois premiers artistes semblent être dans la trentaine tout au plus, malgré leur feuille de route déjà très intéressante, Jean Félix Mailloux a fait appel à Pierre Tanguay aux percussions et à la batterie, un musicien avec, disons, plus de millage musical. Même s’il était l’aîné du quatuor de ce rendez-vous, il était le plus cabotin du groupe. Il a cherché tout au cours de la soirée à s’amuser à faire sortir mille et une sonorités de ses instruments, quand ce n’était pas de son corps lui-même. Le public en était ravi.

Si la très grande partie des pièces au programme était de Jean Félix Mailloux et comme si celles-ci ne suffisaient pas à combler le public, le quatuor nous a offert le très connu « Brazil » et une composition d’Éric Satie interprétée à la sauce Cordâme. Que de générosité! Sur « Brazil », le public s’est facilement laissé entraîner à fredonner des la-la-la pour ajouter au plaisir  et au climat créés par ce quatuor.

Ce fut donc une invitation au voyage qui a ravi tous les passagers. Personne n’est sorti déçu de cette soirée. Au contraire, je suis convaincu que tous ceux présents à Prévost ne demanderaient pas mieux que de répéter et de retrouver ces moments de pur enchantement n’importe quand. Pour vous qui n’y étiez probablement pas, sachez que, chez votre disquaire préféré, vous pourrez retrouver le cd « Migration » et gâter vos oreilles, les chanceuses…

Retenez bien ces noms Jean-Félix Mailloux et Cordâme et faites-vous plaisir la prochaine fois, si vous entendez parler qu’ils vous donnent rendez-vous quelque part dans votre environnement. Joignez-vous à leur invitation à un voyage musical particulier! Vous ne le regretterez pas.

Pierre Lauzon       
Les éditions Pommamour