Sylvain Pagé déçu du budget Bachand

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« UNE PLUS GROSSE DETTE POUR LE QUÉBEC, MAIS RIEN DE PLUS POUR LES RÉGIONS »

Au lendemain du dépôt du dernier budget Bachand, l’opinion publique a tranchée : la population québécoise est largement insatisfaite et n’accorde encore une fois aucune crédibilité aux promesses de réduction des dépenses du gouvernement libéral. D’autant plus préoccupantes, les dépenses sont hors de contrôle et entraîneront une augmentation fulgurante de la dette.

De 2003 à 2013, la dette du Québec aura augmenté de 55 milliards de dollars, ce qui représente le tiers de la dette totale accumulée depuis plusieurs décennies. Le service de la dette, qui représente le 3e poste de dépenses après la santé et l’éducation, sera d’ailleurs le poste budgétaire qui connaîtra la plus forte croissance au cours de la prochaine année. « Il y a 20 ans, la Commission Bélanger-Campeau concluait une économie de trois milliards de dollars simplement en éliminant les dédoublement des ministères avec Ottawa. En dollars d’aujourd’hui, ce montant avoisine les 5G$, c’est déjà 1,2G$ de plus que le déficit de la prochaine année. Voilà où se trouve la véritable réingénérie de l’État, le véritable endroit où il faut revoir nos organisations. Ce n’est pas dans des solutions simplistes comme celles de l’ADQ qui propose de ne pas remplacer les 13,000 fonctionnaires qui prendront leur retraite prochainement, ce qui est tout simplement irrespectueux à leur endroit et purement démagogique » de dénoncer le député Sylvain Pagé.

Rien pour les régions…
De manière générale, ce budget du gouvernement libéral manque dangereusement de vision économique pour l’ensemble du Québec et en particulier pour nos régions. « Il n’y a aucune mesure visant spécifiquement à stimuler les investissements privés et à augmenter la productivité des entreprises, ce qui manque terriblement surtout dans les régions aux prises avec un ralentissement économique qui entraîne un taux de chômage élevé » de déplorer Sylvain Pagé, député de Labelle et porte-parole de l’opposition officielle en matière de petites et moyennes entreprises.

L’augmentation majeure des frais de scolarité de 325$ par année pendant cinq ans, pour un total à terme de 1625$ par année, affectera davantage les étudiants en provenance des régions qui supportent déjà des frais beaucoup plus élevés occasionnés par l’éloignement.

Malheureusement, cette mesure mettra un certain frein à la scolarisation. « Rien dans le récent budget ne laisse espérer un règlement de l’iniquité en santé de 60 M$ qui afflige depuis trop longtemps la région des Laurentides et qui maintient une pression constante et négative sur la distribution des soins à la population » de rappeler le député de Labelle et président du caucus des sept députés péquistes des Laurentides.

Par ailleurs, le député de Labelle salue l’annonce pour le développement de l’Internet haute vitesse et d’un plan numérique tout en étant déçu des échéanciers beaucoup trop longs. « Avec les 900M$ annoncés, le ministre confirme que nous avions raison, déjà en 2008, d’insister sur l’importance d’investir massivement dans « l’autoroute de l’information ». Le problème est que cet incontournable et urgent besoin devient avec ce gouvernement un projet de « haute patience » car sa réalisation est prévue sur un horizon de 10 ans! » de déplorer Sylvain Pagé.

Rien pour la forêt…
Malgré plusieurs années avec d’énormes difficultés, il est inconcevable qu’aucune mesure significative n’apparaisse au budget 2011-2012 visant à soutenir et à relancer notre industrie forestière qui représente pour plusieurs régions du Québec, dont évidemment la nôtre, une activité économique déterminante. Pendant qu’Ottawa a soutenu 50 fois plus l’industrie de l’automobile de l’Ontario à même nos taxes et impôts, les québécois ne reçoivent rien d’Ottawa parce que son gouvernement ne demande rien. Ce qui est une grande déception pour le député.

Dédoublement et manque de ressources
L’État québécois étouffe dans le cadre fédéral actuel et parvient à chaque année de plus en plus difficilement à assumer correctement l’ensemble des missions qui découlent directement de notre différence comme nation. Cette impasse financière grandissante s’explique par le seul fait que notre état ne contrôle vraiment et totalement que la moitié de nos ressources fiscales.

« Ou nous renonçons à ce que nous sommes ou bien un jour nous prendrons ensemble et démocratiquement la décision de récupérer la totalité des moyens dont disposent les états souverains! » de conclure le député.