La chanson de Wonny

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Pour clôturer le volet classique de sa saison 2010-2011, les Diffusions Amal’Gamme nous avaient concocté un rendez-vous qui se voulait exceptionnel, un dessert digne des buffets musicaux qu’elles savent si bien nous offrir depuis plusieurs années déjà. Car il faut le reconnaître, c’est un privilège que nous avons, nous, Laurentiens et Laurentiennes, d’avoir un tel diffuseur qui réussit année après année à faire venir des artistes de haut calibre dans différentes approches musicales. C’est tout autant un privilège que de tels artistes acceptent de venir jouer à Prévost, car, entendons-nous, cela n’a certes pas le même « glamour » que de jouer au Carnegie Hall ou avec un grand orchestre symphonique. Et c’est ainsi que le mot artiste prend son véritable sens.

En ce premier samedi de mai, dans la salle des Diffusions Amal’Gamme, c’est le pianiste montréalais d’origine sud-coréenne, Wonny Song qui nous rendait visite. Au tout début de la trentaine, ce jeune pianiste a déjà une feuille de route à donner le vertige. Lui qui a débuté le piano à l’âge de huit ans, il ne cesse d’éblouir la planète avec la très qualité de ses interprétations. Il y a quinze jours, il magnifiait son piano au Japon. Samedi, il était à Prévost. Dimanche, il présidait le Gala de la Fondation des Arts des Laurentides, à Sainte-Agathe-des-Monts. Demain, dans les semaines, les mois à venir, il se produira quelque part, en solo ou avec un grand orchestre symphonique très reconnu, un peu partout sur notre planète, que ce soit en Amérique, en Europe, en Extrême-Orient ou en Asie, toujours avec la même passion de la musique.

Très de son temps (visitez son site web pour vous en convaincre, s’il le faut, au http://www.wonnysong.com), très séduisant et très chic pour ces dames avant tout, Wonny Song est venu nous présenter un programme musical sous le signe de la romance et de la passion. Je peux vous assurer qu’il y en a eues tout au cours de cette soirée. En première partie, il nous a interprété un air extrait de la cantate BWV 208 de Jean-Sébastien Bach et de E. Petri, ainsi que la Sonate pour piano no. 21 en do majeur, opus 53, de Ludwig van Beethoven, deux pièces costaudes qui demandent un très grand talent d’interprétation, ce qui n’a nullement semblé embarrasser notre artiste invité. Tant dans les moments de douceur que de grande passion musicale, Wonny Song nous a fait cadeau d’une très grande virtuosité et d’une grande force d’interprétation.

En deuxième partie, après une pièce de Robert Schumann et Franz Liszt, la table était mise pour trois œuvres de Frédéric Chopin, dont la merveilleuse «Nocturne en do dièse mineur, opus posthume ». Ce fut pour tous les gens présents de très beaux moments de pur bonheur musical. Parfois, tout en douceur, parfois, avec une fougue très manifeste, monsieur Song vit pleinement avec son piano dans un corps à corps romantique et passionnel. Il faut le voir aller chercher la note finale jusqu’au bout de sa sonorité avant de conclure que l’œuvre est entièrement servie.

Lauréat de très prestigieux prix nationaux et internationaux et reconnu par les plus grandes critiques de la musique classique, dont Claude Gingras de La Presse qui parle de Wonny Song comme étant non seulement une révélation, mais comme étant un musicien de concert qui possède la dimension spirituelle d’un véritable artiste, notre talentueux pianiste sait toucher son public par sa passion qu’il nous communique à travers son piano. Ce piano, sous le doigté de monsieur Song, nous chante les mille et une passions de la vie. Sous ses doigts, le piano prend vie et nous enchante. Que demander de plus…?

Il n’en est pas douté que nous reconnaissons la hauteur d’un artiste par la très haute qualité de ses interprétations, qu’il soit devant un parterre de milliers de mélomanes ou d’une centaine, comme ce fut le cas dans la salle de l’église Saint-François-Xavier de Prévost. À chaque fois, de tels artistes sont là avant tout pour leur amour incommensurable pour la musique et leur désir de le faire partager avec tout public qui ne demande pas mieux que d’être séduit. Avec Wonny Song, on ne peut se tromper.

C’est pourquoi nous nous devons d’être reconnaissants aux Diffusions Amal’Gamme de nous offrir année après année des artistes de si grande qualité. C’est pourquoi nous nous devons d’être heureux d’avoir de tels artistes qui nous respectent au point de venir à notre rencontre pour nous faire partager leur art, même si la salle de notre diffuseur laurentien n’est pas celle de la Place des arts ou d’autres grandes salles prestigieuses de par le monde, même si Prévost n’est pas New York, Bangkok, Paris ou Tokyo.

Monsieur Song, la chanson de votre piano nous a rendu heureux en ce samedi soir de presque printemps. Un gros merci et au plaisir de vous revoir chez nous! Nous avons besoin de vous dans la grisaille trop souvent présente de notre vie personnelle et collective.

Pierre Lauzon       
Les éditions Pommamour 

 

Commentaires 

 
#1 Martine Laval 2011-05-10 10:18 Bravo Pierre pour ce très bel article! Vous avez traduit en mots ce que nous avons tous pensé et ressenti en ce samedi soir de grande musique. J'espère moi-même exprimer aussi bien pour mes lecteurs, le temps venu, ce que m'a fait vivre Wonny Song et la reconnaissance que j'ai pour Diffusions Amal'Gamme de nous dénicher et faire venir dans notre cour de si grands talents.
Bravo pour votre plume Pierre, et au plaisir de partager encore quelques soirées en cette église.
Martine Laval
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