En l’an 2000, suite à des ateliers d’écriture autobiographiques suivis à l’Université de Sherbrooke du troisième âge de Saint-Jérôme, Madame Juliette St-Jean décide de réaliser son grand rêve et celui de sa mère en laissant des traces à tous ceux qu'elle aime. À 73 ans, ell ouvre le coffre de ses souvenirs remplis de notes personnelles et familiales. Elle retourne aux sources, en pensant à ses parents, frères, sœurs et à ses merveilleux enfants.
Elle écrit des poèmes depuis longtemps, sur des bouts de papier, au camping sur des napperons, un petit mot d'amour à son mari sur une écorce de bouleau et même dans la salle de bain sur du papier de toilette. Elle a encore deux cahiers de ses poèmes, ils lui sont très précieux. Elle a toujours écrit son journal, quatre grands cahiers dormaient au fond de son panier blanc. Elle s'est toujours demandée s'ils lui serviraient un jour. Née le 6 mai 1926 à Gracefield, dans la région de la Haute-Gatineau, Madame St-Jean fait ses études élémentaires au Couvent des Soeurs Grises à Gracefield. Elle est la deuxième d’une famille de neuf enfants. Mariée à Albert St-Jean en 1943 et mère de 15 enfants, elle consacre sa vie entière à sa famille. Le travail de son mari oblige toute la famille à de nombreux déménagements entre l'Abitibi et Saint-Jérôme.
En 1983, après le décès de son conjoint, une nouvelle vie débute pour elle. Elle organise et fait des voyages. Elle suit des cours et puis elle écrit. Elle est présidente du Club d'Age d'Or de Saint-Canut pendant 17 ans et s'implique dans la Pastorale de St-Canut pendant 7 ans. Elle vit un grand amour auprès de son second mari, André Nantel qui décède après neuf années de bonheur.
Elle s'offre plusieurs loisirs et donne de nombreuses heures de bénévolat, en plus de sa passion pour l'écriture et le scrapbooking. Et tout cela avec seulement une troisième année. Elle dit souvent avec humour : « Vous voyez, avec tous mes livres, je suis allée à l’école privée et le professeur, c’était moi ».
Ce qu'elle offre aux siens, c’est un testament culturel, un livre familial ouvert sur toutes les étapes de sa vie.
Je vous laisse sur ces paroles de l'auteure :
« Écrire, c’est ce qui me permet d’être moi-même, cachée derrière l’autre. Les gens écrivent et agissent pour leur raison et non pour les autres. Bien des gens se tuent à se payer des consolations, tout simplement parce qu’ils refusent les joies de l’écriture. J’ai écrit ce qui me plaît, à vous maintenant de lire ce qui vous plaît.
Tout ce que j’écris, je l’ai couché sur ce papier, non pas pour dormir, mais pour qu’il reste vivant dans notre mémoire et longtemps. La mémoire est une faculté qui oublie. Il y a tant de secrets enfouis en nous ; cela serait très regrettable et bien dommage de ne pas les dévoiler.
L’oiseau n’est plus blessé, j’ouvre à nouveau mes ailes. J’ai la force et la foi d’être moi-même et je m’envole très haut.
ÉCRIRE, C’EST COMME MANGER. L’APPÉTIT VIENT EN EFFLEURANT LES MOTS MYSTÉRIEUX ET MÉLANGÉS.
Julie
Ces dernières années, Luce Labelle sa niéce, a aidé sa tante, Mme Juliette St-Jean de St-Jérôme, ainsi que sa fille Agathe St-Jean, à la rédaction, la correction et la saisie des texte, lui permettant ainsi de publier son autobiographie "LE MIROIR DE JULIE", dont le lancement a eu lieu à la résidence La Noblesse à St-Jérôme le 28 août dernier en après-midi où s'étaient réunis, enfants, familles et amis où demeure l'auteure agée de 85 ans.