Charles Le Borgne, manifeste son inquiétude

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La Société de développement économique Thérèse-De Blainville (CLD) réclame une loi sur la protection des territoires industriel et agricole

Dans le cadre de la consultation publique sur le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) tenue à Boisbriand, le 14 octobre 2011, la SODET — Société de développement économique Thérèse-De Blainville (CLD) —, par la voix de son directeur général, Charles Le Borgne, a manifesté son inquiétude à l’égard du PMAD et fait des recommandations afin que le secteur industriel y occupe toute la place qui lui revient.

Vers une métropole de plus en plus pauvre
Après avoir discrédité la vision proposée dans le document élaboré par la Communauté métropolitaine de Montréal, M. Le Borgne a affirmé que « L’esprit du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) risque de nous conduire vers une région montréalaise de plus en plus pauvre et mal adaptée au contexte futur de l’environnement montréalais.» 
L’économie mise de côté

Selon M. Le Borgne, le projet de Plan métropolitain ne semble pas se préoccuper outre mesure d’économie, alors que la compétitivité de la région passe d’abord par l’accueil d’entreprises exportatrices et d’entrepreneurs audacieux sur le territoire qui, en créant des emplois, augmentent la richesse collective. M. Le Borgne a rappelé l’étude, effectuée en 2009 par le Groupe Plania pour le compte de la SODET (CLD), qui concluait que près des trois quarts des espaces industriels disponibles pour le développement de la CMM hors Montréal étaient grevés de contraintes. Le PMAD mentionne que la CMM est consciente de la présence de contraintes freinant le développement des espaces industriels et qu’elle prévoit établir des mesures d’atténuation liées à chacune d’elles. Mais la SODET doute de la capacité de la CMM à les amoindrir.

La SODET croit aussi que la CMM minimise les effets de la perte prévisible des fabricants. « En estimant que, de toute façon, les entreprises manufacturières de Montréal déménageront ou fermeront leurs portes au profit d’une région asiatique ou sud américaine, on abandonne l’économie de Montréal. En accordant plus de territoire à l’agriculture, et aucun nouveau territoire à l’industrie, on planifie le déclin de Montréal. Non seulement l’économie du savoir a besoin à tout le moins d’un espace dédié à l’économie, mais surtout l’économie du savoir a besoin de l’entreprise industrielle pour survivre. »

Des occasions manquées faute d’infrastructures adéquates

Le directeur général de la SODET a relaté que, contrairement aux entrepreneurs en construction résidentielle, aux promoteurs de centres commerciaux, et contrairement aux agriculteurs, les dirigeants de grandes entreprises industrielles ont le choix de s’installer parmi plusieurs villes nord-américaines. Elles ne se plaignent pas de l’absence de terrains inadéquats dans le Grand Montréal. Si une ville ne lui offre pas l’environnement recherché, elle s’implante ailleurs ou quitte les lieux sur la pointe des pieds. Il s’en est fallu de peu pour que Paccar du Canada ne quitte le territoire de la CMM. Si la SODET n’avait pas trouvé un terrain disponible à côté de l’usine, et si la Ville de Sainte-Thérèse n’avait pas fait fermer la rue Sicard, Paccar aurait pu quitter le Québec.

Et, d’ajouter M. Le Borgne : « Par manque de terrains industriels adéquats, le Grand Montréal a perdu, pour d’autres agglomérations hors de la CMM, plusieurs occasions d’implantation de grandes entreprises manufacturières. Toutes recherchaient une grande surface de terrain industriel ou des terrains ayant des capacités portantes élevées. Nous en avons à l’esprit quelques-unes, que la SODET a tenté d’attirer, mais en vain. Parmi elles, une entreprise japonaise de semi-conducteurs; une entreprise hollandaise de transformation de produits en aluminium; une entreprise de pièces automobiles; une entreprise en aéronautique qui recherchait un terrain industriel de 300 000 mètres carrés et dont la capacité portante recherchée était de plus de 12 000 kilos au mètre carré. Ces terrains existent dans le Grand Montréal, mais ils se situent en zone verte. »

Une loi sur la protection des territoires industriel et agricole

Le mémoire de la SODET fournit, en conclusion, quelques recommandations, notamment que la CMM modifie son plan afin de considérer le secteur industriel aussi indispensable pour les villes du territoire que le secteur agricole, et qu’elle aille jusqu’à proposer au gouvernement du Québec de modifier la Loi sur la protection du territoire agricole afin d’en adopter une nouvelle pour la protection des territoires industriel et agricole.