O๠est la piste de danse ?

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L’église Saint-François-Xavier, à Prévost, est, comme vous le savez sans doute déjà, la salle de spectacles de notre diffuseur laurentien, les Diffusions Amal’Gamme. Près d’une vingtaine de fois par année, les rendez-vous musicaux sont à l’enseigne de la musique classique, de jazz ou d’autres horizons. Donc, on y va là pour écouter et voir des artistes de très grand talent dans une ambiance très intime.

Parmi ces autres horizons, il y a ces groupes qui viennent brasser la baraque, comme on dit, qui donnent des fourmis dans les jambes des mélomanes présents. Nous n’avons à penser qu’au quatuor Aveladeen ou à celui U Swing, qui nous ont rendu visite récemment et qui nous ont comblés de bonheur et de plaisir. Samedi soir dernier, c’était au tour du trio No Son Cubanos de tenter de perpétuer la chaleur encore récente dans nos cœurs et nos corps. Même si l’hiver le prendra difficilement, il doit faire place au printemps qui nous a fait tout un cadeau pour souligner son arrivée. Le trio No Son Cubanos est un efficace mélange des genres nous disait l’invitation et le programme des Diffusions Amal’Gamme. On ne pouvait dire mieux. Premièrement, déjà, leur nom est un savoureux amalgame. No Son Cubanos veut dire « Nous ne sommes pas cubains ». Car même si toutes leurs interprétations jazzées sont à saveur cubaine, les membres de ce trio n’ont rien de cubain, même en retournant très loin dans leur arbre généalogique. En fait, ce sont trois jeunes Québécois, tous issus de l’option musique du Cégep Lionel-Groulx. Non, ils ne sont pas en grève, car ils ont terminé leurs études à cet endroit. Samedi soir, ils étaient plutôt sur la grève de Cuba.

Deuxièmement, les interprétations de ce trio ne sont pas uniquement cubaines. Comme de grands cordons bleus musicaux, ils savent apprêter des pièces de Mozart ou de Beethoven, de U2 ou de Brel, à la sauce cubaine. Évidemment, si on est trop puriste que ce soit pour la musique classique ou pour une œuvre comme « Ne me quitte pas » de Jacques Brel, il y a de quoi heurter nos oreilles. Mais si on aime que les musiciens se réapproprient des œuvres de tous les horizons pour nous les faire savourer à leur façon, alors c’est la fête.

No Son Cubanos n’était pas à sa première visite à Prévost. En février 2010, le trio avait partagé une programmation avec un autre trio. Samedi soir dernier, il avait la scène en exclusivité pour ce rendez-vous de deux heures. Il y a deux ans, je vous avais déjà dit tout le plaisir que j’avais eu de venir à leur rencontre. Je vous avais parlé du leader du groupe, Nicolas Jarret, un percussionniste de grand talent et un grand humoriste. Ce grand passionné de percussions avait et a toujours un plaisir évident à jouer. Cela se voyait. Cela s’entendait. Cela se voit et s’entend toujours autant. Il sait constamment nous communiquer sa joie de vivre.

Ses deux comparses sont toujours aussi silencieux et pince-sans-rire que le petit drôle du groupe, mais tout autant présents vocalement et musicalement. Guillaume Rochon, au clavier, est d’une énergie aussi débordante que Nicolas. Il vibre littéralement en courant son cent mètres haies, comme dit l’humoriste, en sautant avec facilité par-dessus les touches noires du clavier. Daniel Morainville, le contrebassiste du groupe, sait tirer subtilement son épingle du jeu, comme tous ces musiciens, souvent de l’ombre musical que sont les contrebassistes, savent si bien le faire.

Évidemment, on ne peut pas être en présence de tels musiciens et d’une musique si énergisante sans que l’envie de bouger ne nous démange. En ce samedi de presque fin mars, il n’y avait pas que sur la scène que ça bougeait. Dans la salle, très peu de spectateurs pouvaient résister à l’envie de se laisser emporter par cette ambiance si cubaine. Faute de piste de danse pour le permettre, nombreux et nombreuses surtout étaient ceux qui battaient régulièrement le rythme de leurs mains ou qui se dandinaient sur leurs chaises.

Ces « Tabarnacos », si l’on peut dire, ont réussi à mettre le feu à l’église, musicalement, il va sans dire. Ils n’ont rien de cubain dans leurs gènes, sauf sûrement dans leurs gènes musicaux. Ils n’ont rien de classique. Et c’est tant mieux ainsi. Ils ont la jeunesse et la belle folie musicale pour nous transporter vers des horizons où le bonheur et le plaisir sont au rendez-vous. Quand un ou des artistes réussissent à nous communiquer leur passion pour leur art, pour leur musique, et à nous faire passer deux très belles heures, que demander de plus ? Le spectateur, le mélomane est comblé parce que la musique, la plus grande invention humaine de tous les temps, fait une fois de plus la preuve que, dans ces circonstances, oui, c’est beau, la vie.

Pierre Lauzon      
Les éditions Pommamour

P.S. : Le prochain rendez-vous des Diffusions Amal’Gamme est prévu pour le samedi, 14 avril, avec l’ensemble Transatlantik Schrammel, des gens de notre coin de pays, qui nous promettent de nous transporter à Vienne avec ses valses et ses polkas. Un autre dépaysement en vue.
 

 

Commentaires 

 
#1 Sylvie 2012-04-13 11:26 Bonjour!

J'étais de ce spectacle plein de rythme et je suis depuis leurs début à tout les spectacles qu'ils présentent. Une fan finie, une groupie et je suis fière d'appuyer ce groupe attachant. Je vous le prédit on n'a pas fini d'en entendre parler.
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