J’ai été soigné d’urgence à l’hôpital de St-Jérôme il y a une semaine et je me sens amer lorsque je revis ce souvenir dans ma tête.
J’ai été un des premiers bébés à naitre dans cette institution lors de son ouverture en 1950 qui était dirigée par les Soeurs hospitalières de Saint-Joseph, et je sais qu’il n’y avait pas un système de fonctionnaires pour décider si nous étions malades… C’est dans une période où les gens se sentait respecté comme des êtres humains ayant une âme et non qu’un corps à inspecter pour trouver le bon diagnostique.
Soit pour vous résumer mon séjour, j’ai vécu les 3 changements d’horaire du personnel à l’urgence et sur la trentaine de préposés aux soins que j’ai vu et cotoyé 30% semblaient s’intéresser à leurs patients et j’ai même eu droit par 3 infirmières à un généreux sourire.
J’ai vu dans cet endroit du personnel démotivé qui préférait discuter entre eux d’achat de maison ou d’automobile que de répondre aux appels des patients qui réclamaient leur présence.
Pendant que je cherchais mon souffle en somnolant j’ai eu droit à des prises de sang, de pression et de température.. à toutes les 10 minutes. Je suis devenu un morceau de viande en rituel halal pour nourrir le laboratoire de données avant qu’un médecin puisse me voir. Moi je ne voulais qu'un peu d'oxygène comme le chante si bien Diane Dufresne.
J’ai rencontré des personnes si glaciales telle qu'une préposée qui m'entrainait sur une civière vers les rayons X que ça créait du frimas sur les murs des corridors dans ses enjambées. J’ai ensuite connu l’iceberg en chef dans son igloo qui respirait tellement l’amour de son métier. Moi je ressentis le besoin de lui dire que je m’excusais de la déranger, mais son regard si frigide a engourdi mes lèvres.
J’ai vu le reflet d’une société en décadence dans cette usine à remettre le monde en santé, des faces de boeuf, des égos démésurés et des géoliers intransigeants en soif de pouvoir. Mais vraiment je n'ai pas reconnu les descendant-es de Jeanne Mance et encore moins de Mère Thérèsa. Mais je me souviens de la douceur de cette jeune infirmière qui s'excusait lorsqu'elle me réveillait pour surveiller l'évolution de ma santé et de sa délicatesse lorsqu'elle m'a installé mon soluté!
Bref il y a urgence de donner des cours d’éthique, de civisme et bienséance au personnel de l’hôpital.. Je crains que si la société nombriliste dans laquelle nous vivons actuellement ne change pas cela motivera les baby boomers à choisir l’euthanasie sans assistance à la place de subir tant d’humiliations avant de mourir.
Le respect est devenu un mot et une utopie dans notre siècle actuel... qui a perdu son sens et son orientation!
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