Mot de passe oublié ?
Member Area

La15Nord.com

Thursday
Apr 03rd
J 'en ai marre… de la surinformation! Imprimer Envoyer
Johnny Marre
Mardi, 19 Mai 2009

Être trop informé, c’est comme l’être pas du tout. Dans les deux cas, c’est mauvais pour la santé… mentale et sociale. En 1963, lors de l’assassinat de John F. Kennedy, j’étais étudiant dans un collège classique à Sainte-Thérèse (eh, oui! il y a eu de la vie avant les cégeps!). À la sortie d’un de mes cours, j’apprends en passant dans le fumoir du collège que le président des États-Unis vient d’être tué à Dallas. De très nombreux étudiants s’agglutinent autour de la télévision aux images en noir et blanc (eh, oui! cela a déjà existé!) pour mieux s’informer sur ce qui vient de se passer. Radio-Canada était alors en émission spéciale avec des images retransmises en direct de la suite des événements.

Plus de 45 ans plus tard, la télévision et les autres sources d’information ont beaucoup évolué. Internet n’existait même pas dans ma période préhistorique. Les capacités et les possibilités de s’informer sur un sujet bien précis ont plusieurs fois décuplées depuis ce temps. En plus des énormes sources d’information que propage l’internet, nous avons maintenant droit à tous les RDI, les LCN et les CNN de ce monde. Aujourd’hui, quelqu’un qui ignore les faits courants de l’actualité ne vit sûrement pas sur notre planète ou ne veut vraiment pas le savoir. Quelqu’un qui veut s’informer sur un sujet très pointu et n’y arrive pas est certes très démuni. Ici, je parle de l’accessibilité et non de la qualité de l’information.

Toutefois, des événements comme un assassinat d’un président américain, un attentat contre un World Trade Center ou une Crise d’Oka, cela n’arrive pas heureusement à tous les jours, à toutes les semaines, voire même à tous les mois. Alors, pour nourrir les nouveaux ogres puissants de l’information, il faut de la matière et toujours de la matière pour capter l’attention du bon peuple. Dans une année, il y a des périodes de vaches plus ou moins grasses, celles où les politiciens de tout horizon suscitent des problématiques ou déclenchent des élections, celles où l’Homme ou la nature se déchaînent, mais il y a aussi ces périodes de disette où ces professionnels de l’information ne savent pas trop sur quel sujet misé, la période des Fêtes et la saison estivale en sont les plus pénibles moments.

Si une crise comme en 1990 à Oka vient remplir toute cette creuse période, c’est alors du gâteau pour les réseaux de l’information locale, nationale et même internationale. On doit prier fort en ce moment dans ces chaumières de l’information pour qu’un tel événement, une bonne série de tornades, une disparition d’enfant, un meurtre crapuleux, un scandale non prévu viennent les nourrir pendant tous ces mois. Donc, que ce soit en période de vaches grasses ou de disette, l’ogre se jette sur le moindre filon intéressant et le dévore à plus que satiété de peur de manquer de proie appétissante.

Toutefois, si vous faites partie d’un Comité de citoyens qui veut informer non seulement la population locale, mais aussi celle nationale des enjeux sur ce qui se passe dans votre coin de pays, l’ogre a de très bonnes chances de ne pas s’intéresser à votre désir de sensibiliser les autres terriens de vos préoccupations environnementales, sociales ou économiques. Si vous convoquez une conférence de presse, l’ogre viendra s’il n’a rien d’autre à se mettre sous la dent, mais si un ivrogne provoque un face-à-face sur la 117, oubliez-le! Je me suis déjà fait dire par le chroniqueur de l’environnement du Devoir que je ne comprenais rien à l’information nationale. La lutte des citoyens d’Oka contre l’ouverture d’une mine de niobium au milieu d’un des plus beaux jardins du Québec ne faisait pas le poids et n’était pas d’intérêt national pour son appétit journalistique.

J’en ai marre de cette surabondance inutile d’informations sur des sujets comme la grippe A, la listériose, la crise économique, les tueurs en série, alouette! J’en ai marre que le décompte quotidien des cas de grippe A soit plus important que les autres décomptes et que les tentatives de sensibilisation des groupes de citoyens à leur problématique locale. J’en ai marre que le menu des grands médias ne soit pas plus varié et appétissant pour ma soif d’informations. J’en ai marre de leur fast-food peu stimulant pour ma santé… mentale et sociale. Heureusement, il y a les médias locaux!

Johnny Marre

 

Commentaires 

 
#1 rebelle 2010-07-15 03:15 Bonjour Johnny Marre

Merci pour ces articles si inspirants. Enfin! Il y a des gens qui osent parler et dénoncer! Puisse t-il y avoir plus de Johnny Marre sur cette planète!!! Je rêve d'un journal où on y trouvera que de bonnes nouvelles.
Plus nous donnons la place au gros méchant loup qui passe son temps à semer la peur et à nous nourrir de pourriture, nous lui donnons du pouvoir alors pourquoi ne pas inverser la balance et nourrir le gentil loup qui lui pourra apporter des solutions et propager les bonnes nouvelles! La planète et ses habitants s'en porteront beaucoup mieux j'en suis certaine!
Citer