Les gars, je vote pour vous! |
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Opinion |
Écrit par Pierre Lauzon |
Dimanche, 01 Mai 2011 |
En cette magnifique journée de fin d’avril, notre diffuseur laurentien, les Diffusions Amal’Gamme, nous avait donné rendez-vous pour nous offrir deux jeunes virtuoses de 2011. L’heureux premier constat fut de voir que les gens avaient répondu en grand nombre à cette invitation musicale. Même si c’était deux ados avec des œuvres classiques au programme, l’intérêt était palpable pour entendre ces espoirs d’aujourd’hui et de demain dans la salle de l’église Saint-François-Xavier de Prévost.
Ce sont des œuvres de Mendelssohn, de Prokofiev, de Schubert, de Ravel et de Franz Liszt, dont c’est le bicentenaire de sa naissance cette année, qui constituaient ses choix musicaux. À chaque interprétation, nous avons pu retrouver chez Alexandre toute la virtuosité que nous lui connaissons déjà. Ses doigts se promenaient allègrement sur le piano, le plus souvent avec beaucoup de fougue, à l’image même d’une jeunesse en pleine possession déjà, si cela peut être possible, de son potentiel qui ne cesse de grandir et de s’épanouir. Malgré un petit problème technique qui l’a obligé à nous interpréter les Variations sérieuses de Mendelssohn sans l’éclairage du clavier de son piano et son veston qui semblait l’ennuyer, Alexandre n’en laissera rien paraître et très posément chercha à régler ces deux contraintes pour mieux poursuivre la présentation de son programme de la soirée. Le public fut ravi et touché de voir ce talent s’épanouir sous ses yeux. Il en aurait pris facilement encore plusieurs autres œuvres. Une soirée complète avec uniquement Alexandre Robillard, c’est sûrement à envisager et à espérer dans un avenir pas trop lointain. Il a tout ce qu’il faut pour captiver un public pendant toute une soirée.
Stéphane Tétreault a su relever ce défi de taille. Notre violoncelliste de dix-sept ans a su nous démontrer de quel bois il savait quand même nous réchauffer en ce véritable début de printemps. Celui-là même qui étudie le violoncelle depuis plus de sept ans sous la tutelle de Yuli Turovsky, un des grands maîtres de la musique classique, il n’a cessé de faire corps avec son instrument. Chaque émotion qu’il tentait de nous communiquer avec son violoncelle, nous sentions qu’il la vivait pleinement au premier chef. Très expressif dans ses interprétations, parfois accompagné du pianiste, Sasha Guydukov, il a su nous communiquer sa passion pour son art.
La mort de la musique classique est très loin d’être pour demain, car de nombreux espoirs sont et seront là pour la faire vivre pendant encore de nombreuses décennies. Si j’avais à voter pour des espoirs remplis de potentiels et de promesses, c’est pour vous, les gars, Alexandre et Stéphane, que je voterais parce que je sais qu’avec vous, la musique en sortira gagnante.
Pierre Lauzon |